BOUCLE BOUCLÉE

Contrairement aux apparences, la série Millénium n’est pas une trilogie pour préadolescents assoiffés de love stories. Si, comme moi, vous avez été induits en erreur par les trois affiches présentant un individu emo-cliché, attendez vous à un choc le jour du visionnement.

La Reine dans le palais des courants d’air est le dernier des trois romans de Stieg Larsson. Pour vous situer : la trilogie a obtenu un succès international massif avec plus de 21 millions de copies vendues dans plus de 40 pays et son auteur n’a rien trouvé de mieux que de mourir juste avant la sortie de son premier livre. Le film, quant à lui, a été intitulé The Girl Who Kicked The Hornest’s Nest, mais on finira quand même par l’appeler Millénium 3 et c’est tout.

Ce troisième volet raconte la défense de Lisbeth Salander (Noomi Rapace), jeune femme accusée de parricide qui vient tout juste d’échapper à la mort, ayant été enterrée vivante. Entouré d’une pléthore d’acteurs dont-on-ne-peut-prononcer-les-noms, le journaliste Mikael Blomkvist (Michael Nyqvist) se démènera 2h21 durant pour blanchir cette étrange demoiselle… Pas light du tout, l’intrigue mêle allègrement conflit familial et politique nationale, le tout est donc comparable à une tragédie grecque vraiment très très flyée.

Le phénomène sériel est tactique à souhait au beau milieu d’une génération complètement dépendante aux séries TV de tout genre. Bien qu’il se tienne tout seul, ce troisième film gagne énormément en intérêt s’il est précédé des deux autres. Stratégie marketing : 1 point ! Pourtant, ça n’est vraiment pas facile d’être convaincant lorsqu’on demande à quelqu’un si ça lui tente de nous accompagner voir un film de plus de deux heures intégralement en Suédois. Néanmoins, la langue n’est pas si déroutante et au final on apprécie qu’un autre pays que les États-Unis, la France ou l’Italie parvienne à atteindre un public international. Le réalisateur Daniel Alfredson a donc touché le gros lot en terme de visibilité. Cherchant à recréer le sentiment de réalisme que l’on trouve dans les bouquins, les dialogues ont un petit goût d’authenticité vraiment efficace. En revanche les acteurs, le rythme, la musique et la direction font parfois un brin trop TV.

Au final, une trilogie dense et détaillée à voir mais pas nécessairement à revoir.

Sortie en salle 30 avril. http://www.millenniumtrilogymovie.com/

par Frédérique Malignon