«De la mousse. Plein de mousse». Que les promoteurs de Pop Montréal se le disent : pour faire le bonheur de Dan Werb et Paul Banwatt, du duo Woodhands, ne suffit que d’un bain. De foule, certes, mais ça ils y sont habitués. Leur idée du show EXTRÊME, c’est une foule baignée de luxuriante foam, comme dans les vidéoclips.
«En plus je suis sûr que le Lambi nous laisserait faire!», ajoute Dan Werb, qui frétille d’enthousiasme à l’autre bout du fil. Faut savoir que le Torontois d’adoption connaît bien notre ville pour y avoir habité, dans une autre vie. «Dans le temps, je faisais de la musique de sous-sol dans le Mile-End… rien à voir avec ce qu’on fait présentement.» 
C’est depuis que Dan s’est associé au batteur Paul Banwatt (aussi du Rural Alberta Advantage, véritable exercice de prononciation pour nous francophones) que le Woodhands électro-pop féroce tel qu’on le connaît s’est déclaré. «Quand j’ai vu Dan, j’ai tout de suite su que je voulais jouer avec lui», raconte Paul sur une troisième ligne. De son côté, Dan a pu laisser libre cours à son sex symbol intérieur en se flanquant d’un keytar et d’une dégaine de showman survolté.
Un cri dans la nuit
C’est en 2008 que Woodhands lançait Heart Attack, une petite bombe électro bricolée à partir de trois fois rien qui détonnait un peu plus fort à chaque fois qu’on la réentendait sur scène. Puis, au début de cet hiver, on a eu droit à Remorsecapade, un disque plus sombre, plus tranchant. «Si ce disque était un moment, ce serait celui de l’après-party, quand on ouvre toutes les lumières et que tout le monde se regarde, en se demandant un peu ce qu’il fout là …».
Double face, ce disque, il incite à joindre la danse tout en décriant les affres de la vie sous les projecteurs du dancefloor. Et justement, sur la pochette, les morceaux y sont déclinées sous une face A et une face B, «à l’ancienne». «On ne voulait pas faire semblant que l’album était super cohérent, que chaque pièce était reliée à la précédente. La première face est clairement la suite de Heart Attack», explique Paul. «Alors qu’avec la première pièce de la seconde face, il y a une cassure», complète Dan au sujet de cette toune corrosive et pleine de regrets qu’est I Should Have Gone with My Friends.
D’autres titres? Sluts, Coolchazine, When the Party is Over… Mais en attendant, c’est dance or die au Lambi (4465, Saint-Laurent, coin St-Laurent) samedi 10 avril, avec le flamboyant Diamond Rings en première partie. Portes à 21h.
par Evelyne Côté






