Pour n’importe quelle âme lavalloise, la Récréathèque se veut comme une sorte de temple kitsch. Le lieu sacré de la fête d’enfants, de la date poche en secondaire 2, de la sortie familiale au bowling. C’est les arcades, le lazerquest, la roulathèque et, le samedi 10 avril, c’était aussi Metric.
Disons-le, pour vrai, l’attrait du show réside, pas complètement mais pas mal, dans le haut-lieu du divertissement qu’est ze Récréathèque. Surtout que la tournée du band passe seulement à Laval, oubliant sa voisine Montréal. Ça fait en sorte que ce show, c’est comme un peu un incontournable pour n’importe quel fan du band qui est trop cassé pour les voir à Osheaga.
Scène1425, l’instigatrice d’un tel booking, ne s’est pas mis les pieds dans les plats et a visé juste. En misant sur la renommée du groupe canadien, pas moins de 1300 personnes ont foulé la patinoire ce soir là pour voir Emily Haines en jupe à paillettes s’époumoner et gambader sur la scène construite pour l’occasion. Amenez-les, les Sick Muse, Satellite Mind, Twilight Galaxy. La chanteuse avait l’air heureuse, et on ne pouvait s’empêcher de giggle quand elle lançait un «Thank you Laval!» . À la toute fin, elle a bien saisi l’étrangeté, mais aussi la magie du lieu, lâchant un «This is very odd» de la manière la plus enchantée possible.
C’est qu’elle est heureuse Emily Haines. Ça paraît dans sa voix, dans ce qu’elle dit, lorsqu’on lui parle quelques jours avant le concert. Avant d’entamer le processus pour le dernier album (Fantasies, 2009), elle s’est échappée à Buenos Aires pour faire une sorte de vide: « It wasn’t like a search for myself, but more a search away from myself. It was more to travel and experience the world outside the context of the music or anything that is related to me. You know when you leave of where you’re used to, it helps clearing your ideas».
Revenue avec un désir d’écrire plus simplement, de faire un autre pas vers des mélodies plus pures et simples pour Fantasies. Quand je lui demande si, après tout, elle a réussi à décomplexifier sa vie, elle me rétorque: «You try, but you know you are talking to me from the backstage of a hockey arena in Ontario, I’m doing a concert in an hour so right now, no it doesn’t feel like my life is that much simpler». J’avoue.
Tout de même, la raison de cette quête de changement d’idées, c’était l’overdose de tournées. Comme une sorte de drogue douce, elle carbure à ça. « It’s all the priority you know, it’s fun to play music, it’s fun to be on stage, it’s great to be in studio. I like what I do so I don’t try to overthink it. It’s a pretty good life.» Y’a pas à se plaindre, et elle est visiblement contente de venir jouer au Québec: «It’ll be great! We always look foward to coming to Quebec and we’re looking foward to playing the show!»
On le lui a bien rendu. Twitté de la main du band après le show: «One word: RECREATHEQUE! Merci Laval pour ce soir!»
Pour ma part, après le spectacle, j’ai fini la soirée au bowling. Car la Récréathèque, c’est ça: on enchaîne le divertissement comme s’il n’avait pas de lendemain, comme Metric enchaîne les spectacles. Après Laval, Chicago, New York, Paris, je sais, au fond, que le show de la Récréathèque avait un petit je-ne-sais-quoi qui fait en sorte que ce n’est pas donnée à toutes les salles d’accoter le charme adolescent de Laval Beach.
par Sara Barrière-Brunet / vidéo Jose Enrique Montes Hernandez







