K.O. DE VISU

Après un détour par Habitat 67, en suivant à vélo la vague mythique du Saint-Laurent glacial qui le borde et les surfeurs qui en profitent en plein hiver, je suis arrivé au Musée d’art contemporain de Montréal pour jeter un coup d’œil à l’exposition du peintre montréalais Étienne Zack.

Le Musée d’Art Contemporain de Montréal présente jusqu’au 25 avril une exposition rassemblant une vingtaine de toiles de l’éminent peintre montréalais. Deux toiles gigantesques ont même été produites expressément pour l’événement, qui se veut une consécration de l’artiste en sol natal.

L’expo frappe, la couleur frappe, la grandeur des toiles frappe, les sujets frappent, c’est à croire que l’artiste aurait voulu être boxeur. Le regard est tranchant et les opinions claires. On sent l’engagement de l’homme de 32 ans sur la réalité sociale, les guerres et le rôle de l’artiste.

Le peintre de Villeray nous plonge tout droit dans un univers des plus surréalistes (qui n’est pas sans rappeler les toiles de Dali) dans lequel les lois de la perspective sont complètement réécrites.

L’espace est fractionné en plusieurs couches ultra-chargées par une multitude d’objets qui constituent souvent des mises en abîmes du regard sur l’art par l’artiste. L’atelier, les pinceaux et les galeries sont souvent représentés, tout comme le bras, massif et musculaire, symbole du vecteur fondamental du peintre qui produit et qui forme les messages que véhiculeront les œuvres.

Ce que l’on reçoit comme image est complexe et l’organisation des perspectives produit un clash assez intéressant au niveau des neurones, qui nous force à entrer dans ses gigantesques toiles dans lesquelles chaque détail compte. Le jeu des couleurs est orchestré de façon à organiser les nombreux objets présentés et l’éclat de ses couleurs amène une dimension très vivante et accrocheuse aux toiles. Dans ce monde de tensions entre les différents styles et techniques, Étienne Zack réussi le tour de force d’aller dans tous les sens sans toutefois se perdre.

Certainement l’un des peintres canadiens les plus prometteurs, Étienne Zack désire ajouter une troisième dimension à ses œuvres en s’aventurant dans le monde de la sculpture. Il a réalisé, pour les olympiades culturelles associées aux Jeux  de Vancouver, sa première sculpture en trois dimensions (Untitled Circuit: Name, Medium, Size, Year) qui se veut une représentation d’une de ses toiles.

par Félix Brooklyn / photos du Musée par Félix, et les deux autres, gracieuseté du MACM