Par un chouette samedi après-midi de lézardage au soleil, la discussion que j’avais avec deux amis s’est vite transformée en confession de plaisirs coupables. L’un avait une préference pour Coldplay et l’autre pour les Cranberries. De mon côté, je m’en suis tiré avec un bon vieux Green Day bien facile. La vérité, du moins en ce qui me concerne, est cependant toute autre.
Je suis fan de HIM (His Infernal Majesty) depuis plus ou moins dix ans.
Voilà, c’est dit et ceux qui connaissent ce groupe d’Helsinki sont probablement déjà en train de se pisser dessus de rire en piétinant le peu de crédibilité que j’ai acquis à titre de journaliste musical. Les autres en sauront plus sur le sujet en poursuivant cette lecture.
C’est qu’au premier contact, le groupe a pile poil ce qu’il faut pour rebuter tout mélomane qui se respecte. Des tounes hard rock ornées de refrains pop super accrocheurs, des textes qui parlent de l’amour et de la mort et un chanteur à belle gueule bardé de tatouages. Bref, on ne gagne pas de point dans le hip-o-mètre avec lui, parlez-en à tous ceux à qui je l’ai imposé dans un party en interrompant The XX après avoir franchi ma limite de verres absorbés, il y a quelques semaines.
En tant que produit des années 80 (lire : fan de Guns n’ Roses), je me suis reconnu instantanément dans la musique de ces rockeurs et j’ai rapidement compris leurs influences qui vont de Type O Negative à Danzig en passant par Hanoi Rocks et Chris Isaak. Leur petit côté on-s’en-sacre-de-pas-être-à-la-mode, typiquement finlandais, ne m’a pas laissé de glace non plus. Je les trouve à la fois bons, weirds, drôles et originaux même si je suis parfaitement conscient de leur haute teneur en sucre.
J’ai rencontré mon plaisir coupable en chair, en os et en tat’s, mardi passé.
Ville Valo, chanteur et principal compositeur du groupe, est un personnage fascinant de par son étrangeté et son honnêteté. Depuis sa première peine d’amour, qu’il a vécu à 13 ans, il se bat contre un méga spleen qui est sa principale source d’inspiration et qui a failli le détruire plus d’une fois (ou est-ce l’alcool qui vient avec…). Ses textes sont d’ailleurs bourrés de références à Baudelaire et Bukowski, cancéreux de l’âme notoires. Il arbore également des tatouages à l’effigie de ces piliers de la littérature de paumés.
Le jour de son 20e anniversaire Valo à inventé l’Heartagram, sorte de pentagramme qui forme également un cœur. Ce sigle est ensuite devenu l’emblême de son groupe, bien qu’il soit devenu populaire en Amérique du Nord par l’entremise de l’émission de Bam Margera, fan le plus connu de HIM.
Mardi dernier donc, Valo, Migé, Linde, Gas et Burton sont passés par le Métropolis afin de nous présenter Screamworks : Love in Theory and Practice, leur 7e album. Celui-ci est moins lourd que les précédents tout en étant moins pop que le Bon Joviesque Dark Light, seul moment faible de la discographie des finlandais selon moi. C’est pour défendre cet album mal-aimé que le groupe est venu à Montréal pour la première fois en 2006. À cette époque Valo fumait clope sur clope et buvait souvent tout son saoul. Malgré les excès, ce show-là a été mémorable et la performance de Valo allumée. J’ai même vu des petites culottes et des soutiens-gorge atterrir sur la scène, une première pour moi qui n’a pas vécu les années de gloire de Mötley Crüe.
Je ne sais pas s’il s’agit des effets pervers du sevrage, mais depuis qu’il a cessé de boire et fumer, Valo semble plutôt blasé sur la scène, bien qu’il soit vocalement plus en forme que jamais.
Le show m’a beaucoup moins épaté que la première fois. Erreur fatale : les deux meilleures pièces de Screamworks, In Venere Veritas et Love the Hardest Way, ont été écartées du setlist. Il faut toutefois mentionner la piètre performance de We Are The Fallen et Dommin en première partie. Avec leurs reprises métallo-soporifiques de Like a Prayer et I Just Died In your Arms Tonight, ils n’avaient rien à offrir pour installer une ambiance. Deux excellentes raisons de faire du bar.
par Charles Laplante, ainsi que la photo de show / portrait n&b José Enrique Montes Hernandez







