LE CRI DU HIBOU

Je connaissais Final Flash bien avant de les entendre: Joey était DJ par ci, je croisais Max par là, Andre était partout dans tous les bars du plateau, et je n’avais qu’entendu dire que ceux-ci faisaient de la musique. Mais cette vie de nuit dans les boîtes de rock laissait sans doute présager le son lourd, tendre et sûr de lui de Homeless.

Mais le rock parle tout seul. Cet album qui avance comme une ligne droite nous ramène à des racines pures et modernes, célébrant toute une anthologie d’Americana et de psychédélique de notre côté de l’Atlantique. De Neil Young à Velvet Underground, passant par des textures tout à fait de notre décennie (voix doublées et feutrées qui envoûtent sur un tapis de guitares), Final Flash prend le monde par les couilles. Un rock aérien et solide qui nous amène dans des lieux confortables et sécurisants, mais bien épiques. Le hibou qui illustre la couverture de Homeless est bien à propos: un animal (bien de son temps) nocturne et solitaire, à l’apparence sage, mais qui laisse quand même ses crottes n’importe où… bon là je me perd.

Après avoir vu la Chine et s’être entraînés à faire de la route à l’extérieur du Québec (notamment à SXSW et NXNE, au Canadian Music Week et plus encore), ils sortent enfin un album, longuement mûri, sur étiquette Indica. Ça a pris près d’un an à terminer ce premier-né signé Jace Lasek (Wolf Parade, Land of Talk, Patrick Watson), l’entreprise étant sans cesse entrecoupée de tournées successives de Final Flash et du groupe de Jace, les fameux Besnard Lakes.

Parmi les pigeons et les sans abris au square Berri, quel meilleur endroit pour s’entretenir de leur album Homeless, qui évoque cet état instable que Final Flash a pu vivre durant tout ce temps où l’album était à deux doigts de sortir… Maintenant en partenariat avec EMI pour la promo au Canada, et repu de tournées des plus éprouvantes, Joey et Alex, un peu sonnés de déboires de la veilles, ont donné à nomag un peu de leur temps, pour une interview prévue à la dernière minute.

par Félix Dyotte / photos par Gordon Ball