Bon voilà, j’aurais aimé faire une intro terrasse et soleil mais aujourd’hui, c’est gris! C’est par contre une journée parfaite pour le musée. J’embarque donc sur mon fidèle vélo pour me rendre au Musée des Beaux-Arts de Montréal, où se tient le vernissage de l’exposition Studio Glass, présentée jusqu’au 30 janvier 2011.
Un vernissage au Musée des Beaux-Arts, ça ne tient pas tout à fait de la culture underground. Après un vin d’honneur et quelques discours d’usage, toute la fine équipe de riches sexagénaires est invitée à visiter l’exposition. J’entre en suivant le troupeau avec une vague impression de lundi après-midi chez Holt Renfrew.
L’exposition rassemble une centaine d’œuvres de verrerie tout droit sorties de la collection privée du couple montréalais Anna et Joe Mendel, les plus importants collectionneurs de «Glass Art» au Canada.
Le trajet de l’exposition se divise en deux parties qui ont manifestement été organisées de façon à produire un effet de crescendo qui permet au visiteur de se plonger dans cet univers relativement peu connue du grand public, ce qui est une excellente idée. Alors que la majorité des pièces de la première salle rappellent les trophées, les vases ou les assiettes très jolis qu’il ne faut pas utiliser, c’est dans la deuxième partie que l’on peut véritablement comprendre et apprécier les vertus artistiques du verre qui m’ont considérablement surpris.
Le Glass Art, c’est la réflexion sur la lumière, sur l’espace, sur l’intérieur et l’extérieur, le plein et le vide. C’est une forme d’une douceur incroyable figée et solide comme le roc. Le matériel peut être peint et sculpté et la translucidité de la matière permet de jouer avec la lumière et d’exploiter une quatrième dimension dans l’œuvre qui modifie véritablement le rapport entre l’objet et l’individu. Ses quatre dimensions permettent de créer de petits univers comme dans les œuvres de Steven Weinberg, ma découverte personnelle. Deux artistes québécois sont représentés dans cette exposition dont François Houdé qui expose l’une des œuvres de sa célèbre série Ming (soit Ming XVII) qui vaut franchement le détour.
Après avoir fait le tour des pièces de la collection des Mendel, je rencontre la pétillante Laura Donefer, une figure emblématique de la scène Glass Art dont l’une des œuvres, qui ressemble drôlement à sa chevelure rousse et bouclée, trône à l’entrée de l’exposition où elle tient lieu de pièce maîtresse. Elle m’explique avec une passion contagieuse que ce type d’art est attrayant par son essence organique et sa grande intensité, en me montrant les brûlures sur ses bras qui en témoignent. «La manipulation du verre chauffé mène à une espèce de communion avec la nature», me dit-elle avant de m’inviter aux ateliers qu’elle donne elle-même à l’Espace Verre.
À Montréal, l’année 2010 sera officiellement celle du verre dans le cadre du vaste projet Montréal Ville de verre et c’est une belle excuse pour découvrir ce type d’art souvent méconnu. Des conférences présentant les figures dominantes de la verrerie mondiale et des défilés de mode réunissant verre et vêtements feront notamment partie de la liste des événements à ne pas manquer. En attendant, on peut toujours prendre un verre de bière!
L’exposition Le verre selon Tiffany se tient toujours au Musée des Beaux-Arts jusqu’au 2 mai, et Studio Glass se veut un intéressant détour à faire un étage plus bas…
par Félix Brooklyn









