YING GAO ET LE PING-PONG

La designer est prof à l’École Supérieure de Mode de l’UQAM et travaille le vêtement de façon artistique en jumelant des pratiques de multi-médias, se questionnant sur le textile, et intègre des idées d’urbanisme et de tendances sociales. Bref, la dame fait évoluer le vêtement.  Et si on se base sur la prémisse que le nom de l’événement s’appelle Récréation, pas surprenant que le jeu ait une place importante, voire même trop, dans la présentation de la collection.

La soirée était découpée en deux segments: le premier, et le plus intéressant selon moi, rassemblait quelques pièces présentées par des duos de mannequins. Les vêtements en question étaient parfois «vivants», d’autres fois seulement faits de voiles et de tissus, déjà empreints de mouvements. L’intérêt était l’intégration de notions de robotique, ce qui donnait réellement l’impression de voir le vêtement respirer, le tout jumelé à un jeu de projections. Une sorte de combinaison entre défilé de mode et performance artistique. Réussi.

Quand à la deuxième partie, la mise en scène était beaucoup plus ambitieuse. Une table de ping pong, une dizaine de modèles et une partie manquée. L’idée est sympathique, mais d’espérer que le public ne soit pas distrait par le piètre talent au jeu des mannequins relève du fantasme. Une petite longueur à ce niveau que l’on a vite oublié avec l’arrivée du vin. Rappelons que c’était un cocktail mode.

Ça boucle bien la récréation.

par Sara BB / photos par Rodolfo Moraga