Des années d’errance, de rassemblements brefs et fortuits ont finalement mené Sevens Project à transformer le vague en concret — ou l’eau en vin, si l’on se fie au sourire d’accomplissement qu’affichent Ryhna Thompson et Matt Lederman quand on leur demande de nous raconter comment ils en ont abouti là. «C’est la première fois que l’on dit officiellement “c’est Sevens Project”, dit Matt. Tous les autres événements étaient davantage la sublimation d’un truc de Moondata.»
Moondata, c’est le fruit du duo qui nous parle, cette compagnie de production qui organise notamment au O Patro Vys les LABprojects, ces soirées de jam où sont rassemblés des musiciens vedettes de la scène anglo montréalaise, Patrick Watson, Beast, Besnard Lakes, Bell Orchestre, Amon Tobin et compagnie…Le premier concert de Sevens Project remontant à 2003, l’année de naissance des LABproject, on peut tout de même comprendre que la fraîcheur du projet n’en est d’autant pas ternie, ayant passé du rang de «side project» au concret d’un album.
La genèse: un projet à monter à la SAT, pour un événement cinématographique où étaient projetés des vidéos sur les sept péchés capitaux. Matt et ses amis s’unissent à Patrick Watson, histoire de couvrir quelques péchés… Alors que tout était jusqu’alors improvisé, le groupe s’est mis la main à la pâte pour immortaliser l’éphémère.
L’enregistrement s’étant échelonné sur une longue période de temps – le temps pour Patrick Watson de faire deux albums! – le groupe a pu mijoter et re-mijoter ses pièces, pour en faire quelque chose d’à la fois sauvage et cérébral.
Analogue à d’autres projets pop expérimentaux comme Bell Orchestre, Torngat, Pawa Up First et compagnie, Sevens Project vacille doucement entre l’hymne nordique, la folie jazz et la berceuse triste. Chatouillant cette sève année après année, le groupe du péché mortel s’est livré à une contemplation et une recherche qui accompagnera bien l’énigme ambiante de cette fin d’hiver.
par Félix Dyotte






