Loin de notre microcosme de débats et d’activités culturelles, le règne animal cache des moeurs et des habitudes dont nous ne comprenons rien. Prenons une pose de notre petit nombril et allons voir ce que mijotent ces autres êtres qui se foutent qu’on leur fasse de la pub.
PETITS PENCHANTS POUR LA BOUTEILLE
Dans Animal Farm, George Orwell a demandé à ses cochons imaginaires Snowball et Napoleon d’écrire les grands principes de la tyrannie animalière. «Nul animal ne boira d’alcool», exige l’un d’eux. À en lire mes sources les plus scientifiques, rien n’a moins été respecté que ce protocole. Singes, chauve-souris et autres mammifères se plongent la gueule à qui mieux mieux dans des liquides qui donnent du fun.
Sans vouloir excuser quelque comportement déplacé pouvant subvenir à heure tardive dans nos moments les plus gais, il s’agit ici pour moi d’apprécier que nous ne soyons pas toujours aussi aliénés de la nature que nous le cauchemardons.
En 1974, le film Animals are Beatiful People montrait girafes, éléphants et phacochères se gavant de marulas, des fruits du sud de l’Afrique qui fermentent naturellement et, de surcroît, goûtent bon. Plus tard, des scientifiques (que je soupçonne personnellement d’être des fanatiques créationnistes tendancieux déguisés en gentils évolutionnistes) ont démenti ces faits pourtant si rassurants, et ce à ma grande déception.
Dans ma volonté la plus crédule, je me suis arrêté dans un bar équipé de wi-fi pour fouiller un peu plus creux dans la jungle internet. Récemment, des scientifiques ont découvert en Malaisie des petits animaux discrets et mignons (le Ptilocerque de Low et le Loris) se nourrissant d’un nectar de palmier contenant de l’alcool, et pouvant ingérer l’équivalent de neuf consommations, sans sembler toutefois perdre leurs facultés.
Certains types de chauve-souris (de la famille des Pteropodidae) se nourrissent également de fruits qui fermentent facilement, comme les figues et les dates, et volent en état d’ébriété. Sensibilisés par aucune campagne de la SAAQ, elles se trouvent parfois à foncer dans des objets dont la distance a été mal jugée, et deviennent facilement la proie d’autres animaux plus sobres.
Mais le 5% de gènes qui nous sépare des singes ne suffit pas à empêcher ces vervets de se gaver de nos drinks sophistiqués, profitant gracieusement de nos millénaires d’expertise alcoolique…
par Félix Dyotte









