À voir son physique de rockeur allumette, on ne se douterait pas deux secondes que Jimi Hunt, leader de Chocolat, est bonne fourchette. Et pas que ça: c’est un véritable chef amateur, qui a nourri des mois durant son entourage de musiciens et de label, avec des petits plats préparés maison.
Cadet d’une famille d’hommes, il a commencé à cuisiner pendant que ses grands frères faisaient «des affaires de gars» avec son père. «Pour moi la bouffe c’est artistique. La musique, l’art, la bouffe, je mets tout ça dans le même bateau. Mais la mode fusion ou moléculaire, ça ne m’attire pas. Je veux voir les choses tel quel dans l’assiette».
Car Jimi a beau avoir initié sa seconde passion dans les tabliers de sa mère, on sait bien que Hunt et son groupe Chocolat ne font pas dans la dentelle.
On pourra le vérifier ce soir au Divan orange, où la bande jouera un concert bien relevé qui ne risque pas de se reproduire de sitôt: Jimi est en studio pour l’enregistrement d’un album solo qui, si tout va bien, devrait paraître à l’automne .«Dans la lignée de Piano élégant, de chanson française et de rock, de blues et de folk aussi… mais tout peut encore changer.»
Avant un show, tu manges ou pas? Oui et non… Rien de particulier en tout cas. Je ne prépare rien, ça c’est certain; c’est le resto ou rien.
Ton plat signature? Quelque chose de très simple, mais je pense que le mien torche, c’est le couscous. J’ai trouvé une façon de le faire et j’excelle vraiment, avec la totale: merguez, poulet, plein de légumes. J’aime la bouffe du désert, les épices, l’indien.
L’ingrédient le plus susceptible de foutre le bordel dans une recette? Je ne sais pas si tu connais les piments oiseaux? C’est tout petit, mais ça peut vraiment foutre la merde! J’ai gâché des plats avec ça. Et puis ça peut foutre la merde dans une soirée au complet. T’as beau te laver les mains, il en reste toujours.
Tu veux dire, en amoureux? Oui, c’est à ça que je faisait poliment allusion.
Grosses légumes: à qui te font penser ces aliments?
Foie gras? Jo
hnny Cash
Ragoût de patte? Plume Latraverse
Tartare? Serge Gainsbourg
Crevette? Sunny Duval
Crème brûlée? Michael Jackson
Elvis, ressuscite, va tirer un coup chez Priscilla et se pointe chez toi pour une bonne bouffe de rock star revenue de tout. Tu lui prépares quoi?
Je voudrais surtout pas le décevoir, alors assurément un de ses fameux sandwichs au bacon. Tu sais qu’il ne mangeait que ça dans les derniers mois de sa vie? Il est était super picky là-dessus, il se les faisait livrer et tout.
En fait c’était des sandwichs au beurre de pinotte et au bacon, cuits dans du beurre et du gras de bacon (nldr: on avait oublié les bananes). Eh boy! Alors oui, je lui ferais un bon sandwich au beurre de pinotte cuit dans l’gras de bacon.
Tu vas à l’ADISQ, Angélil t’approche et veut t’envoyer à Vegas. À la main, t’as du scotch ou du champagne? Ah, il faut un scotch! Le champagne c’est sympa, mais je suis pas un fan. C’est vrai que ça installe une sorte d’euphorie, que les petites bulles ont quelque chose de magique… mais non, pas un fan.
Tu penses quoi de Christian Bégin? D’abord, y’a trop d’émissions culinaires au Québec. C’est du délire. On dirait qu’on ne se force plus pour trouver de nouveaux concepts en télévision. Je veux bien croire qu’il y a une révolution culinaire au Québec, mais faut en revenir. Christian Bégin, je l’aime bien comme comédien, mais le côté «crise de la quarantaine, j’ai eu des enfants pis là j’habite sur le Plateau et je suis épicurien», ça me tape.
CHOCOLAT + PYPY (membres de Duchess Says) + GIGI FRENCH (avec Giselle Webber des Hot Springs) ce soir samedi 6 mars au Divan orange (4234 St-Laurent). Arrivez tôt, genre 21h…
par Evelyne Côté







