LA LAITUE DU DIABLE

Si, le lundi 8 mars, vous vous sentez d’attaque pour un solide acouphène de semaine, c’est sur la très peu  rock rue Prince-Arthur que vous devrez vous pointer pour que cela en vaille la peine. C’est ce soir-là que les vétérans de Shadows Fall fouleront les planches du Petit Campus, accompagnés des hyperactifs Bison BC* (voir note en bas de page) et des Montréalais de Barn Burner.

Parce que la laitue, c'est pas donné hein

Nouveaux poulains de l’écurie Metal Blade, les gars de Barn Burner ont très récemment vu leur première galette, Bangers, rééditée sur la prestigieuse étiquette. S’ils sont désormais très heureux d’avoir accepté un contrat avec ce monument du métal mondial, Kevin Keegan, Marc Doucette, Nick Ball et Taylor Freund ont d’abord accueilli la proposition avec scepticisme. «On ne se trouvait pas assez métal pour le label. On est vraiment pas aussi heavy que The Black Dahlia Murder!», raconte Kevin, encore étonné du buzz qui s’est rapidement créé autour de son projet.

Si, à l’écoute de l’album, on s’aperçoit vite que la  voix de Keegan ne s’énerve jamais outre mesure, il en va tout autrement des riffs omniprésents, qui n’ont rien à envier aux Fu Manchu, Kyuss et Mondo Generator de ce monde. Lourds à souhait! Côté textes, pas besoin de trop creuser pour saisir l’aspect auto parodique des pièces Holy Smokes, Fast Women ou encore Beer Today, Bong Tomorrow.

Les gars adorent jouer avec les clichés des excès du rock  et ne pratiquent pas toujours ce qu’ils prêchent, comme le raconte un Kevin un peu hilare : «C’est sûr que de temps à autre, on aime bien flirter avec la laitue du diable (!) ou partir sur la brosse, mais sérieusement, y a-t-il un seul groupe de rock qui ne fait pas ça, à Montréal ou ailleurs?».

Trip à trois yeux: Barn Burner

En outre, la meilleure façon de profiter de la musique de Barn Burner, c’est de les voir sur une scène, une bonne mousse froide à la main. D’ailleurs, l’atmosphère du dernier concert des gars au Friendship Cove ressemblait à celle d’un party de 1997 avec body surfing, bières renversées et tout le tralala.

Le fait que Bison BC soit, cette fois, de la partie ajoute un côté festif au spectacle puisque les deux groupes, en plus de se croiser souvent sur la route, partagent une sincère amitié depuis l’adolescence de Kevin, passée à Vancouver. À chaque fois que les deux groupes jouent ensemble, la fête est au rendez-vous. À un point tel que, selon les dires de Keegan, «quelqu’un» s’est déjà ramassé à poil.

Est-ce que ce sera encore le cas le 8 mars? Il faudra probablement rester tard pour le savoir. Dommage que ce soit un lundi!

par Charles Laplante

Perdus dans la nature: Bison BC

* À l’origine, cet article devait porter sur Barn Burner et Bison BC. Mais les boulettes du côté de l’attachée de presse du groupe, au demeurant très drôles, se sont multipliées. Le samedi suivant l’annulation de l’entrevue d’origine, Charles est revenu en catastrophe d’un show de covers de Turbonegro par les Psycho Riders à Québec pour faire une entrevue avec James Farwell (le leader du groupe), parce que l’attachée avait alors «oublié de confirmer avec lui». Ce samedi-là, autre erreur monumentale de la relationniste: Charles a appelé le numéro d’un type prénommé James… qui n’était pas le James de Bison BC. Était-ce un faux numéro? La relationniste a-t-elle fait une mauvaise association dans la section «James» de ses contacts? Avait-elle abusé de la laitue du diable? Mystère. Quoi qu’il en soit, c’est l’intention qui compte, comme on dit! Et nous on a finalement arrêté de compter.