En vacances à New York, la comédienne Evelyne Brochu (la tentatrice bombshell de Mirador? la Jolianne d’Aveux? la meilleure amie dans Polytechnique?) nous livre un journal d’impressions. Dans cette seconde de trois partie (cliquez ici pour la première), Evelyne nous emmène au Union Pool, un bar qui rime avec cool.
Mais rien que comme ça, en passant, délectez-vous donc de ce magnifique triptyque d’Evelyne, fait exprès pour nomag et signé de la plume de notre photographe vedette, Rodolfo Moraga. (Coiffure: Patrick G. Nadeau, maquillage: Alice Dufour Thériault, styliste: Camille Dufour Thériault)
«CLAP FOR THE BELIEVERS»
Permettez-moi maintenant de vous entraîner dans un lieu : le bar Union Pool de Williamsburg. Tous ici connaissent les mêmes bands méconnus. Tous saisissent l’humour chic d’un large t-shirt Vuarnet coupé au col. Tous arborent un chapeau un peu cabossé ayant jadis appartenu au bourru grand-père mort l’an passé ou peut-être même trouvé dans le subway après une spectaculaire et édifiante soirée de poudre. C’est dans ce lieu culte, donc, où les croustaches côtoient les shorts qui montent jusqu’au nombril, où les souliers pointus aux couleurs douteuses se font la cour, c’est ici même, en me remémorant la soirée de la veille, que je m’interroge : où donc est la caméra de Guy?
Si les photographes sortent sans caméra, si tous les buveux de Pabst se prenant pour Bukowski passent leurs après-midis sur «Urban Outfitters Online» pour trouver le parfait Jeans vert-Dentyne, si tout est nostalgie et qu’il y a cinq ans il fallait être ici, où allons-nous aujourd’hui?
Quelqu’un m’a déjà dit qu’en voyage, il se trouve toujours un étranger pour nous offrir gratuitement et en une seule phrase l’essence de l’endroit visité. Clap for the believers. Cet insaisissable truc new-yorkais qui vous saute dessus en arrivant, c’est le côté inclusif de la ville.
Imaginons un party où il y a huit personnes: un étranger se pointe, on le remarque: malaise. Tant pour lui qui ne connaît personne que pour les autres, qui se demandent ce que l’inconnu fait là, en plein cœur de leurs festivités. Imaginons maintenant un party où il y a quatre cent personnes: chaque inconnu du monde s’y sent le bienvenu. Chacun y est l’inconnu d’un autre, et à l’arrivée d’un nouvel inconnu, d’un semblable donc, tous se réjouissent et applaudissent. Clap! Clap! Clap!
À SUIVRE…
(pour lire la première partie)
par Evelyne Brochu
(souliers pointus par Agathe Bray-Bourret)








