Hier, Francis nous parlait de Metallica, de Judas Priest mais surtout de Saxon. Tout ça à cause d’un petit band suédois, Hellsongs, qui s’amuse à remanier le métal dans son album de reprises indie-pop acoustique Hymns in the Key of 666. Francis continue ici de révéler les secrets cachés des tounes métal passées à la moulinette du cover, tout ça sans se fâcher contre la mode des reprises.
Revenons à Saxon. En l’espace de 18 mois, en 1980 et 1981, le groupe enregistre trois des plus brillants albums métal jamais parus: Wheels of Steel, Strong Arm of the Law et Denim & Leather. À chaque fois la recett
e est la même: guitares incisives, claires et précises; rythmique solide; voix aigüe mais puissante et virile; production simple et efficace; refrains accrocheurs et inoubliables.
À ce moment, Saxon est le groupe à battre et rien ne permet de penser qu’ils seront pourtant bientôt dépassés. En 1982, Iron Maiden change de chanteur et fait paraître The Number of The Beast qui les propulse dans tous les arénas de la planète, Judas Priest lance Screaming for Vengeance et atteint des sommets de popularité, tandis que Def Leppard prépare Pyromania qui paraitra l’année suivante et leur ouvrira les porte du succès commercial et des comptes en banque d’une certaine jeunesse intoxiquées au Spray Net (une drogue pire que le crystal meth a en juger par les goûts musicaux que développent ses adeptes).
En 1982 et 1983, le métal passe de genre musical culte à succès de masse. Saxon pendant ce temps enregistre The Power and the Glory, dernier album de leur période «classique», mais le succès commercial n’est pas au rendez-vous.
Le groupe n’a toutefois jamais arrêté. Après plusieurs efforts pour conquérir un public plus large pendant la 2e moitié des années ’80 (sous entendu ici que le groupe lance quelques albums ultra commerciaux et médiocres), Saxon est revenu sur la bonne voie dans les années ’90 et dans les années 2000.
Par ailleurs, la reprise de Hellsongs m’a permis de porter réellement attention aux paroles de Princess of the Night. Depuis plus de 25 ans, je croyais que cette chanson était hyper clichée et parlait d’une femme. En fait, elle parle plutôt de l’amour que le narrateur éprouve pour un train. Loin d’être cliché, ce sujet m’apparait au contraire complètement sous-exploité dans l’histoire du rock. Bon, il y a bien Chattanooga Choo Choo popularisé par Glen Miller et son orchestre ou Train from Kansas City des Shangri-Las, mais nous ne sommes pas là dans une rutilante histoire d’amour entre un humain et un engin d’acier, sous-entendus sexuels en prime.
Ce qui est triste par contre avec la version de Hellsongs est qu’elle ne nous permet pas d’entendre le solo qui a été en bonne partie plagié par
Metallica dans Seek and Destroy.
Mais le passage du temps est parfois ironique. En 2009 à Paris, le chanteur de Saxon Biff Byford était invité par Metallica à monter sur scène pour une reprise de Motorcycle Man, magnifique pièce tiré de Wheels of Steel. Une façon pour Metallica de perpétuer sa propre tradition qui consiste, comme nous l’avons vu, à balancer des reprises de groupes métal moins connus. Une façon aussi pour Biff de toucher à la gloire à laquelle il n’a jamais eu accès.
La boucle est donc bouclée.
par Francis Dugas






