Totale divulgation: non, les Trois Accords ne m’avaient jamais fait trépigner ou lever de poing dans les airs, depuis la sortie de Gros Mammouth. 
À sa sortie en 2003, puis en 2004, pimpé en Mammouth Turbo, j’étais à peine arrivée chez CISM où on portait à bout de bras le désopilant band, tout contents de l’avoir dévoilé avant tout le monde. Entre l’excitation de la découverte par les radios universitaires et le repêchage par les commerciales, la vague de la nouveauté était déjà passée.
Hawaïenne saturait les ondes; anyway pas besoin de l’ouvrir, la radio. La toune vous collait au conduit auditif pour résonner dans vos neurones à tout moment de la journée. Même chose pour Saskatchewan: en lavant la vaisselle, en prenant sa douche ou ses courriels. Saskatchewaaaaan… c’est loin en titiiiii. Ah pardon, c’est une autre celle-là. 
Bref, le génie de la mélodie et de l’absurde opérait à grande échelle. Puis, à l’écoute de Dans mon corps, comme si l’application récemment injectée dans la démarche musicale des Trois Acc (leur nouveau réalisateur, Gus Van Go, a aussi pétri le son des Vulgaires Machins, depuis Compter les corps et avec Requiem pour les sourds qui sort mardi) me les avait fait prendre plus au sérieux, j’étais hyper curieuse de voir leur show de jeudi passé au Métropolis. Même s’ils plaidaient la botch comme direction artistique, on voyait bien qu’ils travaillaient fort à le monter, leur spectacle.
C’était wow. Pour les jeux de lumière sophistiqués, certes, et parce que Clotaire-le-mec-de-la-couverture-du-disque est venu les rejoindre sur scène, comme Pépé avec sa méchante guitare, mais surtout pour le son et l’ambiance. 
Franchement, le Métropolis n’est pas toujours tendre avec les techniciens de son, et j’ai entendu plus d’un groupe se péter la gueule de manière très sonore (Growing, les Dirty Projectors, Animal Collective aussi).
Les Trois Accords? L’orchestration assez simple de leurs tounes y est pour quelque chose, reste que c’était fort, limpide. Des guitares qui rentrent au poste; une batterie soutenue, voire imperturbable; et même une section de cuivres, tombée comme un cheval sur la soupe, qui s’en est jovialement bien sorti pour la toune Caméra Vidéo.
Puis, l’apex en forme de pluie de confettis. Un vrai party de mains en l’air.
par Evelyne Côté / photos Samuel Côté







